Origine et histoire
Le Puli est un petit chien de berger hongrois. Selon le standard FCI, ses ancêtres sont très probablement arrivés dans le bassin des Carpates avec les anciens Magyars, un peuple nomade d'éleveurs. Pendant des siècles, il a rassemblé et conduit les grands troupeaux de moutons de la plaine hongroise, tandis que de grands chiens de protection comme le Komondor gardaient le troupeau la nuit. Son poil cordé le protégeait des hivers rudes.
L'élevage organisé commence au début du XXe siècle avec le vétérinaire Emil Raitsits. Selon l'AKC, la race avait failli disparaître au XVIIe siècle à cause des croisements, et sa relance, en 1912, aboutit au premier standard en 1915. Aujourd'hui, le Puli relève du standard FCI n° 55, groupe 1 (chiens de berger et de bouvier), section 1 chiens de berger, sans épreuve de travail.
En France, la race est inscrite au LOF de la Société Centrale Canine. Elle relève du Club des Chiens de Berger de l'Est et Italiens (CBEI), club affilié à la SCC qui gère aussi le Mudi, le Pumi et d'autres bergers d'Europe de l'Est. Le Puli reste une race rare en France.
Tempérament et caractère
Le standard le résume en une phrase : tempérament vif, extrêmement apte à apprendre, aime les enfants et excellent chien de garde. Au quotidien :
- Il est vif et bondissant. Le standard décrit une allure à petits pas, sautillante, et une tendance à tourner sur lui-même. L'AKC parle de « l'acrobate du monde canin ».
- Il donne l'alerte. Il annonce chaque visiteur et se montre souvent réservé avec les inconnus.
- Il a du caractère. Il apprend très vite, mais il s'ennuie dans la répétition et aime faire les choses à sa façon. L'AKC le dit sans détour : il lui faut une main « ferme mais juste ».
- Il rassemble. Selon l'AKC, un Puli essaie de rassembler tout ce qui bouge : oiseaux, autres chiens, même les tout-petits.
Avec les enfants, il est en général joueur et attaché. Mais il voudra regrouper ceux qui courent : apprenez-lui tôt que les enfants ne sont pas des moutons.
Taille et apparence
Un chien de taille moyenne, de construction carrée : la longueur du corps égale la hauteur au garrot. Sous le poil, il est sec et bien musclé, avec une ossature fine mais pas légère. La queue, enroulée sur la croupe, donne l'impression d'une ligne du dos qui monte légèrement vers l'arrière.
Le poil est sa signature. Le poil du chiot est dense, ondulé ou bouclé ; ensuite, le poil de couverture plus rude et le sous-poil plus fin s'enroulent en mèches et en cordelettes. Sur le rein, la croupe et l'arrière des cuisses, elles atteignent 20 à 30 cm ; sur la tête et les membres, 10 à 12 cm. Couleurs admises : noir, noir avec reflets rouille ou gris, fauve (fakó) avec un masque noir net, gris de toutes nuances et blanc perle.
| Mâles | Femelles | |
|---|---|---|
| Taille au garrot | 39-45 cm (idéal 41-43 cm) | 36-42 cm (idéal 38-40 cm) |
| Poids | 13-15 kg | 10-13 kg |
| Espérance de vie | 10-15 ans | 10-15 ans |
| Poil | cordé, poil de couverture rude, sous-poil fin | idem |
Taille et poids selon le standard FCI, espérance de vie selon la fiche de race de l'AKC.
Exercice et vie quotidienne
L'AKC le décrit comme un chien très motivé, pour qui l'exercice mental compte autant que l'exercice physique. Comptez au moins une heure et demie de promenade par jour, en deux ou trois sorties, plus du jeu ou de l'éducation. Le club allemand de la race conseille en moyenne 1,5 heure de promenade, et précise qu'ensuite le Puli somnole volontiers sous la table.
Petit et adaptable, il peut vivre en appartement s'il sort assez et si l'on a travaillé les aboiements dans la cage d'escalier. Un jardin clos aide. L'AKC recommande de ne pas forcer l'effort tant que le chiot grandit.
Bons exutoires : travail sur troupeau, agility, obéissance, rally obéissance, pistage. Pour l'agility, beaucoup de propriétaires raccourcissent un peu les cordelettes.
Éducation
Ce qui marche : socialisation précoce, séances courtes et variées, renforcement positif et règles claires, tenues dans la durée. La dureté ne sert à rien, la constance à tout.
Difficultés typiques :
- Les aboiements. Au troupeau, le Puli mène les bêtes en aboyant et en pinçant. Le club allemand ne cache pas qu'il aime aboyer, mais assure qu'une éducation cohérente dès le plus jeune âge permet de bien le maîtriser.
- La méfiance envers les inconnus. Faites-lui rencontrer beaucoup de visiteurs calmes dès le plus jeune âge.
- L'envie de rassembler enfants, vélos et autres animaux.
- Le rappel quand quelque chose d'intéressant bouge.
Entretien
Le Puli perd très peu de poils, mais son poil demande un travail particulier. Selon l'AKC, jusqu'à 8 à 10 mois il n'y a rien à faire hormis le bain, les oreilles et les griffes. Ensuite le sous-poil arrive et le poil commence à former des paquets près de la peau. On les sépare avec les doigts en cordelettes distinctes, encore et encore, pendant six à neuf mois environ. Une fois les cordelettes formées, il faut surtout continuer à les séparer jusqu'à la peau pour éviter qu'elles ne se soudent en plaque.
Le bain reste rare : la graisse naturelle du poil fait perler une petite averse, et le club allemand estime que deux bains par an suffisent en général. Mais une fois trempées, des cordelettes serrées peuvent mettre jusqu'à 24 heures à sécher. Essorez-les dans une serviette et choisissez une journée ensoleillée et venteuse. Coupez le poil entre les coussinets et surveillez les oreilles.
Pas envie de cordelettes ? Selon l'AKC, on peut aussi garder le poil brossé ou le tondre court. Beaucoup de propriétaires de compagnie le tondent ; les cordelettes se reformeront au fil des années si on laisse repousser le poil.
Santé
Le Puli est en général une race robuste, mais certains problèmes sont documentés. Pour le certificat CHIC, l'OFA liste les examens recommandés par le club américain de la race :
- Dysplasie de la hanche. Radiographie des hanches (OFA).
- Luxation de la rotule. Examen des rotules.
- Myélopathie dégénérative (DM). Maladie progressive de la moelle épinière du chien âgé ; test ADN.
- Maladies oculaires. Examen par un vétérinaire ophtalmologiste diplômé (ACVO).
En option : test d'audition BAER, examen cardiaque et coudes. Aux Pays-Bas, le club de race impose la dysplasie de la hanche et un examen oculaire incluant l'atrophie progressive de la rétine (APR) et la cataracte. Demandez les résultats des deux parents, au minimum hanches et yeux.
Coût
Un guide de race français annonce en général 800 à 1 500 € pour un chiot. Les portées sont rares : attendez-vous à une liste d'attente, voire à un élevage à l'étranger.
Budget annuel, en gros :
| Poste | environ par an |
|---|---|
| Alimentation (chien de 10 à 15 kg) | 300-450 € |
| Vétérinaire courant, vaccins, antiparasitaires | 250-400 € |
| Assurance santé (facultative) | 200-350 € |
| Toiletteur (seulement si le poil est tondu) | quelques passages, 40-70 € chacun |
Comme tout chien, le chiot doit être identifié (puce ou tatouage) et enregistré au fichier I-CAD avant la vente. Il n'y a pas de taxe sur les chiens en France, et le Puli n'est classé ni en 1re ni en 2e catégorie : ni permis de détention ni muselière obligatoire. Vérifiez que votre responsabilité civile couvre le chien.
À qui il convient, à qui il ne convient pas
Il convient :
- aux familles actives, couples et personnes seules qui veulent un petit chien robuste avec beaucoup de personnalité
- à ceux qui aiment l'éducation et les sports canins
- à qui veut un chien vigilant qui annonce les visiteurs
- aux foyers qui acceptent sable et feuilles dans l'entrée et un chien long à sécher
Il ne convient pas :
- à qui cherche un chien silencieux ou vit avec des murs fins et des voisins sensibles
- à qui croit qu'un chien qui ne perd pas ses poils demande peu d'entretien
- aux premiers maîtres qui veulent un chien facile et docile. Chien hirsute plus doux : le Terrier du Tibet ; poil bouclé sans cordelettes : le Chien d'Eau Espagnol ; le grand cousin cordé : le Komondor