Origine et histoire
L'Azawakh est un lévrier très haut et très sec, venu du sud du Sahara et du Sahel. Il tient son nom de la vallée de l'Azawakh, une longue vallée fossile à la frontière du Mali et du Niger. Selon le standard FCI, il descend des chiens représentés sur les peintures rupestres du Sahara central : quand le désert s'est asséché, les pasteurs-chasseurs touaregs, dahoussahaq et peuls sont descendus avec leurs chiens vers les terres plus clémentes du Sahel. En tamasheq, la langue des Touaregs, on l'appelle « Oska ». Il chassait la gazelle, le lièvre et l'autruche, défendait le campement contre chacals et hyènes, et partageait la vie de la famille sous la tente.
Les amateurs européens l'ont découvert vers 1968, avec les premiers chiens exportés vers la France et l'ex-Yougoslavie. On l'a d'abord présenté comme une variété du Sloughi, avant d'en faire une race à part. Le Mali et le Niger n'ayant pas de société canine reconnue par la FCI, c'est la France qui détient le patronage de la race : la Société Centrale Canine (SCC) gère le standard et le confie à son club de race. C'est le standard FCI n° 307, groupe 10 (lévriers), section 3 (lévriers à poil court), sans épreuve de travail, dans sa version publiée en 2019.
Cette révision de 2019 a resserré les couleurs et les marques blanches admises. Elle a été préparée en France et contestée par une partie des éleveurs, qui craignaient pour la diversité génétique d'une race déjà peu nombreuse. Aujourd'hui, la race est suivie par le Club des Lévriers d'Afrique et de la Méditerranée (CLAMED), club de race affilié à la SCC, qui gère aussi le Sloughi et le Galgo. Il a repris ces races après la désaffiliation de l'ancien club, le SLAG.
Tempérament et caractère
Le standard le décrit comme vif, attentif et distant, souvent très réservé avec les étrangers, mais doux et affectueux avec sa famille et avec les personnes qu'il veut bien accepter. Au quotidien :
- C'est un chien de famille. Il s'attache intensément aux siens et recherche le contact. Ce n'est pas un chien qui fait la fête à chaque visiteur.
- C'est un gardien. Sélectionné pour veiller sur un campement nomade, il signale tout et peut s'interposer face à un inconnu. Une socialisation calme et précoce évite que cette vigilance tourne à la méfiance.
- C'est un lévrier. Tout ce qui est petit et qui court déclenche la poursuite, chats et lapins compris.
- Il est sensible. La brutalité le rend craintif ou défensif. Le standard élimine d'ailleurs les sujets agressifs ou trop peureux.
Bien socialisé et élevé avec eux, il peut vivre avec des enfants calmes. Il n'aime ni les jeux brusques ni les mains d'inconnus qui se tendent vers lui.
Taille et apparence
Particulièrement mince et élégant, il s'inscrit dans un rectangle dressé à la verticale : plus haut que long, avec de longs membres, une poitrine descendue presque jusqu'aux coudes, un ventre très remonté et des hanches au moins à la hauteur du garrot. L'ossature et les muscles se voient sous une peau fine et sèche. Beaucoup de gens le trouvent trop maigre ; c'est pourtant son état normal. Le poil est court et fin, presque absent sous le ventre. Les oreilles, fines, tombent à plat contre les joues, et l'allure est souple, légère, très élastique.
| Mâles | Femelles | |
|---|---|---|
| Hauteur au garrot | 64-74 cm | 60-70 cm |
| Poids | 20-25 kg | 15-20 kg |
| Espérance de vie | 12-15 ans | 12-15 ans |
| Poil | court, fin, ventre presque nu | idem |
Tailles et poids sont ceux du standard FCI, qui tolère 2 cm de plus ou de moins. La robe est toujours fauve, du sable clair au fauve foncé (acajou), avec ou sans bringeures noires, avec des marques blanches limitées : chaque membre porte une balzane, au moins en trace sur le pied. Le blanc envahissant, le col blanc et les couleurs diluées comme le bleu ou le lilas sont éliminatoires.
Exercice et vie quotidienne
Comptez au moins une heure de sortie par jour : marche soutenue en laisse et, régulièrement, un vrai galop dans un terrain bien clos. Seul dans le jardin, il ne se dépense presque pas ; il court avec vous ou avec un autre chien.
Pas de chasse avec lui : en France, la chasse avec des lévriers, de race pure ou croisés, est interdite (loi de 1844 et arrêté du 1er août 1986). Son exutoire, ce sont les courses sur cynodrome et la poursuite à vue sur leurre (PVL, ou coursing). Les épreuves officielles se déroulent sous le contrôle de la Commission nationale d'utilité des lévriers (CNUL) de la SCC et sont réservées aux lévriers LOF confirmés titulaires du brevet de PVL.
Il est fait pour le désert, pas pour l'hiver humide. Peau fine, presque pas de graisse, pas de sous-poil : un manteau pour les jours froids ou pluvieux et un couchage moelleux au chaud sont indispensables. L'appartement est possible pour un adulte qui court tous les jours, mais une maison avec une clôture haute et solide reste plus simple.
Éducation
L'Azawakh est intelligent et comprend vite, mais il est indépendant et décide lui-même si l'exercice en vaut la peine. Des séances courtes, des friandises, une voix calme, une école du chiot en méthode positive et beaucoup de socialisation la première année donnent les meilleurs résultats.
Difficultés typiques :
- Le rappel. Travaillez-le des mois à la longe et acceptez qu'un lièvre qui détale gagne presque toujours. Du 15 avril au 30 juin, la laisse est de toute façon obligatoire dans les bois et forêts hors des allées.
- La méfiance envers les inconnus. Beaucoup de rencontres calmes et de lieux variés avant 4 mois, puis continuer pendant l'adolescence. Ne forcez jamais un chiot timide.
- La garde. Récompensez l'observation calme et coupez tôt les aboiements répétés.
- Les soins. Habituez tôt le chiot à la table du vétérinaire, à la coupe des griffes et aux manipulations.
Entretien
Très facile. Un passage par semaine avec un gant en caoutchouc ou une peau de chamois humide suffit. Il ne sent presque pas le chien et se baigne rarement. Coupez les griffes régulièrement, des griffes trop longues gâchent l'allure. La peau fine s'écorche facilement : vérifiez-la après chaque galop.
Santé
L'Azawakh est une race rustique, mais sa base génétique hors d'Afrique est étroite. Le club américain de la race cite comme problèmes connus :
- Épilepsie et crises convulsives, dans certaines lignées. Il n'existe pas de test de dépistage.
- Hypothyroïdie, souvent d'origine auto-immune. Les lévriers ont naturellement des valeurs thyroïdiennes plus basses que les autres races : un vétérinaire habitué aux lévriers doit interpréter les résultats.
- Myosite des muscles masticateurs, une inflammation auto-immune des muscles de la mâchoire, à traiter tôt.
- Sténose du canal vertébral, qui peut provoquer douleurs ou faiblesse.
- Autres maladies auto-immunes.
L'American Kennel Club cite aussi des problèmes cardiaques. Comme tous les lévriers, il a très peu de graisse : prévenez chaque nouveau vétérinaire avant une anesthésie. Aucun dépistage de santé n'est imposé pour la race ; demandez quand même à l'éleveur un bilan thyroïdien et un examen cardiaque des parents, et interrogez-le franchement sur les crises dans la lignée.
Coût
Les élevages sont peu nombreux et les portées rares : prévoyez une liste d'attente. Les guides spécialisés situent un chiot LOF entre 1 000 et 1 500 €, certains éleveurs reconnus demandent davantage. Partez du club de race et du site de la SCC. Un « Azawakh » non LOF à bas prix n'a ni parents confirmés ni garantie sur le type.
Budget annuel, en gros :
| Poste | environ par an |
|---|---|
| Alimentation (chien de 15 à 25 kg) | 350-550 € |
| Vétérinaire courant, vaccins, antiparasitaires | 300-450 € |
| Assurance santé (facultative) | 200-400 € |
| Manteau, cotisation au club, engagements en course ou PVL | 100-300 € |
Le chiot doit avoir au moins 8 semaines, être identifié (puce, fichier I-CAD), et vous devez signer le certificat d'engagement et de connaissance s'il s'agit de votre premier chien. L'Azawakh ne relève d'aucune catégorie de la loi de 1999 sur les chiens dangereux et il n'y a pas de taxe sur les chiens. Vérifiez que votre responsabilité civile couvre bien les dégâts causés par le chien.
À qui il convient, à qui il ne convient pas
Il convient :
- aux maîtres expérimentés qui connaissent les lévriers ou les races primitives
- aux sportifs qui ont accès à un terrain clos ou à un club de lévriers
- aux foyers calmes d'adultes qui cherchent un compagnon dévoué et vigilant
- à ceux qui aiment un poil sans entretien et un chien presque sans odeur
Il ne convient pas :
- aux débutants ou à qui veut un chien docile et facile
- aux foyers avec chats, lapins ou autres petits animaux
- à qui rêve de balades en liberté en pleine nature
- à qui veut un chien qui vit dehors ou au chenil. Pour un lévrier plus petit et plus sociable, voyez le Whippet ; pour un grand lévrier plus placide, le Greyhound ; pour un lévrier du désert au poil plus doux, le Saluki